|
L'origine de La Blesloise
Les bleslois de Paris qui éprouvent le besoin de se regrouper
au sein d'une amicale, qui sont-ils ? Que font-ils dans la
capitale ? Ces quelques lignes vont essayer de les situer.
Pour beaucoup d'entre-eux le grand départ s'est effectué
à partir de la coquette gare de chemin de fer de Blesle pour
se terminer sur le quai d'un des grands halls d'une des gares de
Paris-Austerlitz ou Paris-Gare de Lyon.

Un parent ou un ami est souvent venu récupérer le
"pays" et lui a offert repas et gîte pour sa première
soirée dans la capitale. Qui ne se souvient pas de cet accueil
où tout au long de la veillée, il n'a été
évoqué que la vie et les occupations de ceux qui sont
restés là-bas.
Cette soirée passée, c'est au petit matin que s'effectue
la vraie prise de contact avec l'un des aspects de la vie de tous
les jours où il faut côtoyer poubelles et voitures
de livraison pour se rendre sur les lieux où se déroulera
dorénavant l'adaptation aux activités souvent choisies
sans trop les connaître ; et là, au seuil de cette
aventure, la vision des choses n'est plus tout à fait la
même.
Jusqu'à présent, la vie parisienne avait été
vue au travers des anciens qui reviennent au pays l'été,
à la Toussaint ou pour les fêtes de famille.
En fait, la réalité est tout autre chose et, dans
l'immédiat, il ne faudrait pas pousser très fort ce
dépaysé pour qu'il reprenne le train. Mais pour aujourd'hui
c'est trop tard, il est embarqué dans les présentations.
Pour certains, présentations directes avec le corps de métier :
petits commerces, brocante, meubles neufs ou d'occasion ; car,
contrairement à la moyenne des exilés du plateau central,
le Bleslois n'est pas attiré vers la limonade, sauf exception
vers la profession de marchand de vin.
Pour d'autres qui se sont dirigés vers des professions de
service, il ne semble pas non plus qu'il y ait un choix prédominant,
la représentation est également répartie.
Toutefois, quelle que soit l'orientation choisie, tous ne résisteront
pas à ne plus voir le profil du Cézallier, ou entendre
l'Allagnon et au premier retour au pays, ils ne repartiront plus.
Pour eux, Paris, sera un souvenir que l'on raconte.
Pour ceux qui ont su résister à cet appel du soleil
couchant sur ce plateau volcanique, la vie professionnelle s'est
organisée et autour d'elle ce que le monde moderne appelle
les loisirs. Le Bleslois de Paris a depuis longtemps trouvé
à occuper les siens.
Son attirance s'est tout naturellement portée vers les bals
de société où il pouvait retrouver des compatriotes
dans une ambiance de fête locale.

A cette image, il y a quelques 75 ans, une poignée de pionniers
créent l'amicale "La Blesloise" qui regroupait
alors les originaires du canton de Blesle.
Depuis au fil des ans et suite à l'orientation donnée
par ses animateurs, elle a élargi ses frontières.
Il est même agréable de constater que parmi ses jeunes
sociétaires figurent de fervents défenseurs de notre
patrimoine folklorique, puisque certains d'entre eux animent avec
succès des groupes de danseurs petits et grands où
se perpétuent les plus pures traditions de notre terroir.
Malgré toutes les satisfactions tant professionnelles que
divertissantes, le Bleslois n'échappe pas à cette
règle de bien des émigrés qui concerne les
projets de retour au pays.
Ici aussi l'exemple est venu des anciens, de ceux qui ont soit
modernisé la maison familiale ou fait construire la maison
idéale à la sortie du village.
Et c'est là qu'un jour, lui aussi, il évoquera avec
un certain plaisir ses souvenirs du bitume parisien et des parquets
cirés où il "tapait" la bourrée.
|